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Petit Conte pour cheminer vers l'abstinence

Publié le par ALCOOL ASSISTANCE

- Il était une fois, quand je buvais encore... un être très malheureux, enfermé dans sa solitude et muré derrière son déni, coupé de toute communication, confronté aux regards et aux jugements des autres.

J'étais un être malade qui ne le savais pas et de plus qui croyait qu'il était le seul à savoir qu'il était alcoolique,. Je ressentais la honte, dépit, amertume, échec, rejet qui me rendaient impuissant à sortir seul de ma souffrance. Même si j'avais pris conscience de ma différence je n'avais même plus le courage de me dire ma vérité.

Je ne voulais admettre que l'alcool devenu le centre de ma vie était un labyrinthe, une spirale infernale dans les quels je me perdais corps et âmes.

Les complications progressives de la maladie, la perte de toute affection, l'accident, le chômage, le divorce , l'exclusion, la déchéance physique et morale auront été pour moi autant d'épreuves nécessaires pour réaliser ma prise de conscience : mon déclic.
Ce fut le moment d'un vrai face à face avec moi-même, mon premier acte de courage, un décret d'attention : Il faudrait que je m'arrête . Alors, ne pouvant toujours pas en parler, j'ai décidé seul de stopper ma consommation, ce fut mon premier engagement mais seuls ceux qui ont essayé savent à quel point l'alcool est plus fort que nous et combien la lutte est inégale, et cette première fois fut un échec.

Mon second engagement, certes plus difficile mais combien plus fructueux, fut de dire " j'accepte d'en parler " et mon engagement suivant celui de passer enfin outre mon déni en demandant de l'aide à celui qui s'engagea à me reconnaitre, à me considérer, à m'accepter tel que je suis, à m'étonner..

C'était une situation et une sensation que je n'avais plus connues depuis longtemps maiq qui m'ont montré que l'on peut se soulager de sa souffrance, parler enfin, parler, parler, parler, encore à celui ou celle qui me fut attentif et sut me faire prendre conscience que l'espoir est toujours permis et que mon engagement à dire " enfin " n'avait pas été vain.

Maintenant il fallait que je m'engage à poursuivre assidûment cette relation nouvelle qui m'était offerte, que je profite de cet accueil de cette écoute, de cette confiance, de cette compréhension, de ces informations pour comprendre que ma situation n'est plus une fatalité et que mon devenir ne sera qu'une suite des engagements successifs que moi seul vais devoir prendre.
J'ai compris que je ne pouvais pas être soigné contre mon gré, que l'injonction ne fera rien à l'affaire mais que seule la détermination personnelle peut rendre possible mon engagement à suivre des soins. Celui qui m'aide connait autour de cette expérience et il a pris l'engagement de m'accompagner, de me réapprendre à vivier ensemble et en toute liberté.

Pour l'heure je m'engage à me soigner, je m'engage à chercher en moi ce qui m'a conduit où j'en suis arrivé. Je m'engage aussi à écouter les autres, ceux mêmes qui avaient eu peut-être encore plus de raisons que moi d'avoir bu et ceux à qui j'ai pu causer de la peine, des torts, mais qui m'ont malgré tout soutenu.

Ma décision de suivre des soins n'est pas gratuite et je sais qu'elle va me demander un engagement de plus : l'abstinence totale et définitive, seul moyen incontournable pour retrouver la vie saine et équilibrée que j'avais perdue mais en même temps je m'engage à ne pas considérer cette abstinence ni comme une privation, ni comme une contrainte, mais comme mon engagement dans une vie libre.

A ma sortie, celui qui m'a accompagné viendra me chercher, c'est le premier qui s'est intéressé à moi tel que j'étais et il va m''accompagner pour retrouver les miens, mon travail mes amis et me faire connaître les nouveaux amis qui m'aideront à conforter mon abstinence toute neuve et encore fragile.

Les soignants m'ont dit qu'il n'était pas facile de vivre abstinent parmi les consommateurs mais que l'on pouvait apprendre avec ceux qui ont vécu la même expérience, alors sans peut-être déjà m'engager, je me fais la promesse de m'intégrer à leur groupe et à le fréquenter assidument, avec régularité pour parfaire mon travail psychologique et mon apprentissage de renaissance à la vie.

Ce n'est pas une fin au contraire le début d'autre chose qui sera peut-être encore un nouvel engagement.

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